Voilà un band qui m'était totalement inconnu. Et un album tout autant (sorti il y a deux ans, pourtant); Originaire d'Istanbul, Baba Zula semble pourtant bénéficier d'une belle renommée internationale. Tant mieux, le bonheur de la découverte n'est que plus grand, même bon dernier...
Et c'en est une, de découverte! Avec une grande élégance -je trouve souvent très pataude et très grossière l'approche de la world quand elle fusionne avec l'électro-, Baba Zula transmet réellement une grande dose de bonheur musical, proche, par exemple, dans son psychédélisme, de ce que procure (ait) un combo comme Cornershop.
Je ne sais que recopier la description très exacte de Mondomix : Luth baglama électrifié, derbouka et programmation électronique, danse du ventre et animation sur palette graphique, sur scène comme sur disque le groupe Babazula symbolise parfaitement la Turquie d’aujourd’hui. Aussi à l’aise avec l’immense héritage du pays, à cheval entre l’Europe et l’Asie, qu’avec la technologie de pointe, ces musiciens et graphistes développent un son unique entre taksims orientaux, rock échevelé et dub aquatique, tout en cultivant une image moderne et alternative.
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jeudi, avril 19, 2012
vendredi, juin 17, 2011
The Rotating Leslie - The Walls Have Ears - 8/10
Quand les Anglais obtiennent l'asile australien
Pourquoi a-t-on résolument fermé la voie à tous ces groupes anglais de pur rock -tendance power pop?
Je sais par expérience que, sur ce genre d'album, on me reproche d'être franchement généreux pour une musique qui ne va pas bien loin. Je comprends la remarque tout en la réfutant : ces légèretés me caressent les jambes et les emballent rapidement en sautillement. Je réfute d'autant plus quand il s'agit de groupes comme ce trio anglais : ils pondent un rock carré au quart de millimètre, pure joie explosive, guitares par devant et rythmiques par derrière. Il y a là-dedans des parcelles de Franz Ferdinand, des éléments rugueux à la Clash et même de l'hérésie à la Biffy Clyro.
Mais voilà, allez savoir pourquoi, l'industrie du disque anglaise, bien malade, a fermé ses portes à ses rythmes et interprétations locales. Si bien que The Rotating Leslie, toujours indiquant "sans label" sur son MySpace a vu finalement son album produit par des Australiens et c'est là-bas qu'il est sorti en premier en fin d'année passée. Ils ont tourné au Pays des kangourous et ce n'est qu'aujourd'hui qu'ils reviennent au pays. Comprends pas! J'espère que quelques autres plébiscites (écoutez ci-dessous) risquent de les ramener chez nous. J'avoue que je les verrais bien volontiers sur une scène...
mercredi, mai 04, 2011
Kvelertak - Kvelertak - 9/10
Un groupe de six gars originaires de Stavanger - Norvège. Adeptes du métal! Et qui écrivent et interprètent dans leur langage, tout en se revendiquant du Black Metal et du punk-hardcore (Brutality catchy punkrock/metal with a taste of groovy darkness). Pour un adepte d'indie rock, polyvalent et juste amateur ce qu'il faut de métal, la description a tout du repoussoir. Serait-on dans un genre de grand cirque finlandais qui amène à l'Eurovision?
Vraisemblablement pas! C'est que, penchés sur le berceau de ce premier album (encore sorti en 2010), on aperçoit des parrains qui ont acquis des lettres de noblesse : Kurt Ballou de Converge (Axe To Fall fut un des albums de l'année 2009, y compris dans le -très indie- Top des blogueurs) à la production, artwork de John Baizley (Baroness) ou références en concerts en compagnie de Kylesa. Ceci étant dit, aucune lettre de noblesse n'a jamais suffi à faire un album de rock and roll. Place donc au juge de paix, la pointe de lecture!
La gifle! Cet album est un killer. Confronté au défi un poil de stupide de noyer Black et Punk-Hardcore, non seulement, il y arrive plus ou moins, mais, de plus, il y coule de fortes évocations stoner ou hardrock. Au résultat, un album à l'énergie folle, de l'accabit à mobiliser les foules adolescentes. Ceux qui le constatent en pinçant le nez sont... vieux! L'écoute vaut bien des documentaires!
A écouter absolument...
Remarquable et très complet article chez Metalorgie
Site du groupe, My Space
mercredi, avril 27, 2011
Leif Vollebekk - Inland - 9/10
Norvégien, né à Toronto, cherchant son inspiration en Islande et enregistrant au Québec, Leif Vollebekk a tout pour devenir premier de classe au cours de folk initimiste. Son cocktail est certes conventionnel mais juste soupesé. Simple, supportant sa voix légèrement cassée, l'orchestration rend parfaitement la nostalgie. Que ce soit harmonica, la guitare sèche ou un autre complément, la touche ou la corde est toujours juste.
La voix, quant à elle, peut se nourrir de plusieurs comparaisons. Essentiellement, pour l'ensemble, de Patrick Watson (ou, en moins connu, de Samamidon)! Mais, pour mieux créer l'originalité, elle se complète de tonalités empruntées à Nicolai Dunger et Jeff Buckley. Au Nordique, il prélève cette rugosité si particulière qui "déniaise" le propos. Il trempe également sa voix dans le lyrisme propre à l'Américain, mais juste en proportion pour ne pas tomber dans une démonstrativité excessive.
Un très bel album...
mercredi, mars 02, 2011
C.w. Stoneking - Jungle Blues - 8/10
Tant que tout restera émotion et surprise...
Que je vous explique. Je participe à un concours. Et je gagne une place pour le concert de C.W. Stoneking dans la petite salle du Botanique de Bruxelles (la salle Witloof = Chicon). C comment vous avez dit? On cherche un peu. On trouve un jeune bluesman australien qui a arrêté la machine du temps dans les années 30, qui mélange jazz et blues d'époque dans des albums autoproduits encensés, semble-t-il, par nombre d'experts. La preuve, la tournée des petites salles en cours s'inscrit dans un contexte général de sold out sans publicité.
Là, j'écoute pour me préparer. Et je vois déjà les clichés que je vais réaliser. Le banjo, la fanfare, le tuba, le trombone, le contexte social, la forte empreinte historique (les années 30 aux States!), la nostalgie. Faudra pas oublier mon flash au phosphore. Photos à suivre, la semaine prochaine, bien entendu!
Tant que tout restera surprise...
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De la lune, on entend tout
mercredi, février 23, 2011
En vrac / The Lowland Hundred - Under Cambrian Sky - 9/10 / Indian Jewelry - Totaled - 6,2/10 / The Kiara Elles - Slide Over - 7,9/10
(9/10)
Pour nous parler de ce groupe gallois, Thierry, de Jazz Blues & Co, avait choisi les évocations de Robert Wyatt et Scott Walker. Je pencherais plutôt vers d'autres ressources illustratives, comme Japan ou même un Talk Talk raidi. Qu'importent les flacons comparatifs tant qu'on ait l'ivresse, voici bien un album qui mérite une place au parangon, tant sa nostalgie est zébrée de fureurs et déchirements.
My Space
Under Cambrian Sky by The Lowland Hundred by Hundred Acre Recordings
(6,2/10)
On peut et doit, bien entendu, évoquer, comme le fait Hartzine la sainte trilogie de Suicide, Alan Vega et Martin Rev. Pourtant, sur la longueur, je suis passé à côté de cet album, un peu par sa faute, beaucoup par la mienne. Trop long, trop dispersé, le groupe mériterait une production plus rigoureuse. Je l'attendrais volontiers au tournant d'un opus à venir.
My Space
(7,9/10)
Nous avons besoin de pop comme de pain.
Ces jeunes filles conseillées par Dans le Mur du Son, ça en fait déjà quelques tartines.
Des tranches de petit déjeuner sucrées et amères, la marmelade d'orange évoquant les Veruca Salt (tiens, marrant, voilà un groupe deux fois évoqué en un jour!).
My Space
Pour nous parler de ce groupe gallois, Thierry, de Jazz Blues & Co, avait choisi les évocations de Robert Wyatt et Scott Walker. Je pencherais plutôt vers d'autres ressources illustratives, comme Japan ou même un Talk Talk raidi. Qu'importent les flacons comparatifs tant qu'on ait l'ivresse, voici bien un album qui mérite une place au parangon, tant sa nostalgie est zébrée de fureurs et déchirements.
My Space
Under Cambrian Sky by The Lowland Hundred by Hundred Acre Recordings
(6,2/10)
On peut et doit, bien entendu, évoquer, comme le fait Hartzine la sainte trilogie de Suicide, Alan Vega et Martin Rev. Pourtant, sur la longueur, je suis passé à côté de cet album, un peu par sa faute, beaucoup par la mienne. Trop long, trop dispersé, le groupe mériterait une production plus rigoureuse. Je l'attendrais volontiers au tournant d'un opus à venir.
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(7,9/10)
Nous avons besoin de pop comme de pain.
Ces jeunes filles conseillées par Dans le Mur du Son, ça en fait déjà quelques tartines.
Des tranches de petit déjeuner sucrées et amères, la marmelade d'orange évoquant les Veruca Salt (tiens, marrant, voilà un groupe deux fois évoqué en un jour!).
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jeudi, février 03, 2011
Shugo Tokumaru - Port Entropy - 9,2/10
Promis, après cette fois-ci, je ne radoterai plus jamais à dire que les Best Of de fin d'année ne servent à rien, sauf si on y découvre des albums qu'on a raté. Pourtant, c'est bien vrai! Voyez cet artiste japonais dont je me suis demandé ce qu'il faisait dans le Top 10 de Panda Panda. Je n'en dirai pas grand chose car il suffit d'écouter plus loin. On peut citer d'autres japonais que sont Cornelius (première époque) ou Maher Shalal Hash Baz, des foutraques comme Albert Marcoeur voire Gotainer (écoutez les appeaux!), des moins rigolos comme Pascal Comelade, Sufjan Stevens ou les Beatles. Mais c'est tellement plus vite fait de dire que c'est une fontaine de jouvence de pure pop imaginative et inventive! Hop-Blog en avait parlé aussi, mais ça m'avait échappé...
Ce qui est bien, c'est que je vais pouvoir faire le branché. Car relative confidence jusqu'à présent, Shugo pourrait devenir (un peu plus) grand! Polyvynil va le distribuer aux States à partir de février. Et en Europe, c'est PIAS. Merci, Panda!
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lundi, janvier 17, 2011
James Blake - The Bells Sketch EP - CMYK EP - Klavierwerke EP / 9/10
Je l'avoue, ce blog ne sert pas qu'à communiquer avec l'extérieur. Il sert aussi de bloc-notes à un amateur un tant soit peu anarchiviste qui, depuis des années, compile des notes et évaluations sur ce qu'il écoute!
Garder des traces permet de ne pas oublier!
Donc, voilà pourquoi ces trois EP apparaissent si tardivement ici, d'autant plus que j'apprends chez Arbobo qu'un album est imminent. Simplement comme un petit signet : l'écoute de ces trois EP a vraiment rythmé une partie de mon année 2010. On en parle bien mieux ailleurs. Mais, ainsi, j'ai mon pense-bête et j'attends sereinement et avec espoir (Arbobo est prometteur que l'album dépasse désormais le seul dubstep)...
dimanche, janvier 02, 2011
Mon Top 2010 - Grand prix de l'Album tchèque de pop japonaise - Gurun Gurun - Gurun Gurun - 9/10
C'est reparti!
L'idée de chroniquer un album tchèque procure ce frisson résultant de l'espoir un peu fou d'aller dénicher la perle exotique inconnue. Dans le cas de Gurun Gurun, c'est à un double service qu'on a droit. L'écoute à peine commencée, c'est l'étonnement : ces deux musiciens tchèques sonnent on ne peut plus nippon. Leur douce électro saturée, noisy et parcourue de glitches, scratches, bruits et autres clochettes est commune aux groupes japonais de J-Pop. Ici, elle est de plus complétée occasionnellement par des instruments à vent utilisés à la Robert Wyatt (probablement hautbois et clarinettes).
Et, sommet du sommet, de petites voix nippones et friponnes glissent harmonieusement sur ce tapis musical. Car Jara Tarnovski et Tomas Knoflicek ont fait appel à des chanteuses japonaises comme Moskitoo, Rurarakiss ou Sawako, giving the album the kind of cherry-blossom glow we all know and love comme dit Boomkat.
Cela reste bien entendu très expérimental, moins accessible, par exemple que Chandelier de Miko (que nous chroniquerons prochainement). Chacun ne sera donc pas nécessairement scotché comme je le suis. Mais ceux qui le seront, gare à eux!
Le label Home Normal
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Gurun Gurun // Kuko (ft. Rurarakiss) by Gurun Gurun
Gurun Gurun // Karumi by Gurun Gurun
vendredi, décembre 17, 2010
OFF! - First Four EPs - 9,2/10
Voilà une belle boucherie! Du vrai (contre) filet américain. Pensez : ces Californiens vous balancent 16 morceaux en 17 minutes 30, chrono en main. Traduction : en appliquant une règle de trois, sur la durée où Sufjan Stevens interprète Impossible Soul (dernier morceau du dernier inénarrable album du tourneur d'Etats américains), ces zozos de OFF! joueraient 23 chansons. Autant dire, donc, qu'il n'y a là ni le moindre gras, ni le moindre détour, ni la moindre fioriture, ni la moindre entourloupe. Toute la définition de l'urgence et du rock and roll.
Le plus fou est que cette avalanche d'énergie émane de vieux de la vielle du punk hardcore et du garage américain, qui ont collaboré ou collaborent à Black Flag, Burning Brides, Hot Snakes, Rocket from the Crypto ou aux Circle Jerks. Ils jouent à la Black Flag comme il y a trente ans d'ici, comme si le temps s'était arrêté. Entendez par là que les sonorités liées au pur rock, au métal et au proto-punk (les Stooges, bien entendu) ne manquent pas et éloignent donc ceci du hardcore contemporain.
La gifle n'en est que plus forte. Il me manquait un album de pure énergie dans ma liste des 9/10 de l'année 2010 (que je dois encore affiner). C'était injuste en une année aussi fertile en cris et opérations garagistes. Voilà, c'est réparé en fanfare!
Faut-il le préciser, c'est vindicatif, politique et "parental advisory".
mercredi, décembre 08, 2010
Teeth of the Sea - Your Mercury - 9,4/10
Et là, c'est le moment où on se retourne, narquois, et qu'on demande faussement : "Tu as déjà fait ton best 2010, toi, non?". Et de pouffer...
C'est qu'on ne voit pas très bien pourquoi novembre et décembre ne verraient plus de pluies d'OMNI (Objets Musicaux Non Identifiés). Et ce groupe de Londres en est un fameux, mêlant prog, post et electro en des longs morceaux lourds et oppressants. On pense à Can, Faust, Godspeed, The Orb, Hawkwind et autres géants de l'ambiance forte. Le tout, ce voyage hallucinatoire, n'est déjà pas commun, mais se complète d'un inédit de première classe : l'utilisation de la trompette et des cuivres. La trompette drone, la trompette cri, la trompette Miles. Tout simplement beau...
En tout cas, en quelques jours, Teeth of the Sea s'est rallié la presse anglaise, passablement maltraîtée ces derniers temps par la suprématie US : de la BBC au New Musical Express, en passant par Drowned In Sound, musicomh, The Line of Best Fit, The Quietus, tous les titres accumulent les superlatifs et les notes supérieures à 8/10. L'un d'eux souligne que Teeth of the Sea réinvente le psyché là où les Californiens le rejouent et le singent. Pas totalement idiot, perfide Albion!!!
Ne reste plus qu'à traverser l'Atlantique et... la Manche et la Mer du Nord.
My Space, Blog
En plus, voilà un trip de 9 minutes qui donne envie de foncer les voir 'live'. Si vous les accompagnez au bout de leur folie, c'est littéralement époustouflant...
jeudi, novembre 25, 2010
Halves - It Goes, It Goes (Forever and Ever) - 9/10
Espérons que cette fin d'année un peu morne puisse nous réserver quelques autres surprises de cet acabit! Pour la sortie de ce premier album, ce trio de Dublin (il leur restera au moins ça à nos amis irlandais : la musique!) reniera difficilement ses amours et influences. C'est à Montréal, au studio Hotel2tango qu'il a enregistré la base de It Goes, It Goes. Pour l'agrémenter et fignoler au retour en verte Irlande, notamment par l'adjonction de contributions de l'Irish Chamber Brass and String et de la Chorale de Kilkenny.
A la barre de l'enregistrement, Efrim Menuck (Godspeed You Black Emperor), Howard Bilerman (un des fondateurs d'Arcade Fire, mais cela n'a pas grand chose à voir!) et Radwan Mounneh (notamment Land of Crush). A l'arrivée, il serait vain de nier la filiation avec GSYBE et plus particulièrement dans sa veine la plus apaisée. Impressionnant néanmoins pour un premier album, la maturité et les éléments originaux de cette production post-rock : l'usage discret de l'électronique (glitches rythmiques et même quelques éléments de vocorder parfaitement intégrés à l'ambiance), chorale évoquée ci-devant, violoncelle, cuivres, piano, usage des voix assez rare dans ce style musical (Amy Millan -Stars / Broken Social Scene- chante un deux morceaux ci-dessous), harpe, etc.
Le genre d'album qui, bien entendu, ne saute pas à la gorge en première écoute. Une ambiance qui s'installe très, très lentement. Mais dont il est ensuite bien difficile de sortir...
MySpace, Site
Raggedwords
Darling, You'll Meet Your Maker by halves
Growing & Glow by halves
Halves - 'It Goes, It Goes (forever & ever) making of. from Amblegloom on Vimeo.
vendredi, novembre 05, 2010
Victoire - Cathedral City - 9,4/10
Grande classe
Comme je disais l'autre jour à propos du label NewAmsterdamRecords et de Sarah Kirkland Snider, il y a des oeuvres sur lesquelles on souhaite attirer l'attention sans en être nécessiarement tombé raide mort amoureux. Avec ce premier album de Victoire, c'est le coup de foudre intégral. Probablement parce que Victoire crée une fusion complète et aboutie entre instruments et langage classiques et structures musicales contemporaines et électroniques.
Comme l'ont déjà démontré les Belges de DAAU et, dans d'autres registres, les folkeux finlandais ou Grouper, les instruments acoustiques à vent et à cordes permettent de créer des structures et ambiances musicales qui n'ont rien à envier au post-rock. Dans un mimétisme étonnant, contrebasse, violon et clarinette se combinent avec les deux keyboards et autres boîtes électroniques (dont l'usage fait parfois penser à Four Tet, version minimaliste). C'est le grand charme de Victoire : pas question ici de juxtaposition, mais bien d'une approche neuve où l'électronique occupe une place de premier choix et fusionne avec les instruments classiques. Les cinq femmes (dont la compositrice Missy Mazzoli) créent la dernière touche par l'adjonction de voix dramatiques et/ou trafiquées.
En un mot comme en cent, comme l'écrit Pop Matters (chronique à lire) : "This is a band with the air of the classical or chamber-rock, but it is also one not far removed from a similarly complex indie band as Sigur Ros".
Cathedral City
mardi, novembre 02, 2010
Kylesa - Spiral Shadow - 9/10
Frenchies?
Voilà une semaine que je suis l'aventure de cet album sur le site d'Emusic et plus particulièrement son classement des ventes. En ce lieu saint américain du commerce de la musique alternative, depuis sa sortie, Spiral Shadow squatte obstinément une place dans les vingt premières et est même monté jusqu'à la cinquième. Pourtant, tout originaire de Savannah soit Kylesa (comme Mastodon), ce cinquième album du groupe de métal est produit par un label français Season of Mist et distribué aux States via The Orchard (le distributeur des tout petits indépendants). De plus, disons-le, Kylesa n'est tout de même pas un géant. Il est même passablement confidentiel en dehors des milieux spécialisés (étant entendu que je suis en dehors).
Bref, il se passe quelque chose avec cet album. AMG lui a filé un 9/10. Et, aujourd'hui, c'est Pitchfork qui le gracie d'un 8,4/10, ce qui va consolider son succès et sa place en ventes sur Emusic. Des medias plutôt généralistes qui sanctifient un groupe de métal? Sans me lier aux délirantes comparaisons de Pitchfork (Godspeed, Can, Pink Floyd - mais où vont-ils chercher tout cela?), je me joins au choeur louangeur: j'adore ce fond black sabbatique, ces clichés quasi prog, cette défonce éhontée, cette avalanche de drums (y a deux batteurs), ces cris et hurlements qui se fondent pourtant en un métal presque pop et accessible. Je n'avais pas encore cette année d'album métal à 9/10. Voilà, c'est fait, aux côtés de SOD, Mastodon et autres Baroness, Kylesa rejoint ma myhtologie du métal catchy.
Corrolaire quasi logique de ce qui précède, des experts en métal trouvent cela trop quelconque et "cliché" : Perte et Fracas. Autres experts, les Belges de Shoot Me Again aiment.
mardi, octobre 26, 2010
The Third Eye Foundation - The Dark - 9/10
Captivant
Il y a dix ans, quand The Third Eye Foundation s'est mis entre parenthèses pour progressivement enfanter du singer-songwriter Matt Elliott, il nous laissait un héritage impressionnant et profond, l'album Little Lost Souls (2000), qui arrivait à dépasser encore en intensité You Guys Kill Me (1998). On croyait que cette musique avait atteint un sommet, même si certains continuaient à lui reprocher un bruitisme excessif où la mélodie se perdait dans le brouillard électronique...
Dix ans se sont écoulés. Matt Elliott a mis The Third Eye Foundation entre parenthèses. Il a sorti trois albums de singer-songwriter qui ont gardé un étonnant cachet, mêlant le folk et l'électronique dans des formats plus communs de 'chansons normales'. Fort de cette expertise et d'autres aventures (avec DAAU ou Chapelier Fou, qui collabore à ce nouvel album), Matt Elliott réactive donc The Third Eye Foundation.
Et c'est le miracle. Oui, il est encore possible de faire mieux qu'il y a dix ans, probablement en valorisant l'acquis mélodique. La trame est toujours identique, machiniste, mêlant les boîtes à rythmes en une danse robotique et répétitive. En contrepoint, divague un chant de soprano déformée et maladive, une fanfare atone et virevoltant maladivement ou un coeur de cuivres slaves neurasthéniques.
Ca passe ou ça casse! Je viens de lire sur Foetusfoetus le regret d'un manque de sensibilité (j'édite après commentaire : par rapport aux chansons de Matt Elliott). Il est certain que le sentiment sera partagé par d'aucuns, alors que, personnellement, cette juxtaposition me transperce de nostalgie et me fait penser à un bâteau ivre. (Edit 2 : Je suis plus touché par ce bastringue électro que par le format des chansons folk. Je ne l'explique pas vraiment mais ça me touche en direct). Question de goût!
Le site
Liens supplémentaires qui confirment que cet album fait son chemin : Toujours un coup d'avance et Tasca potosina
Liens supplémentaires qui confirment que cet album fait son chemin : Toujours un coup d'avance et Tasca potosina
lundi, septembre 20, 2010
Apollo Ghosts - Mount Benson - 9/10
T'es qui, là?
Vous connaissez la Tequila frappée?
Un peu de sel sur la main. Un verre dans lequel vous versez une lampée de Tequila, que vous arrosez d'eau pétillante. Vous léchez le sel. Aussitôt, vous mettez une main par dessus le verre et de l'autre, vous frappez son fond sur la table. Cul sec du liquide en cours d'explosion pétilstylistique et vous croquez à pleines dents dans une tranche de citron vert. La sensation est courte mais forte...
Un peu de sel sur la main. Un verre dans lequel vous versez une lampée de Tequila, que vous arrosez d'eau pétillante. Vous léchez le sel. Aussitôt, vous mettez une main par dessus le verre et de l'autre, vous frappez son fond sur la table. Cul sec du liquide en cours d'explosion pétilstylistique et vous croquez à pleines dents dans une tranche de citron vert. La sensation est courte mais forte...
Le trio de Vancouver (une batteuse, un guitariste chanteur et un bassiste), c'est un peu ça. Dans le verre, on glisse un peu de Grandaddy, de Talking Heads, de Police, de Violent Femmes, de Jonathan Richman, de Vampire Weekend première époque. On frappe et l'effet est instantané : en 13 morceaux et 25 minutes (truffées de... fausses sorties), on virevolte : ballade à deux voix, gentil rêve, énergie punk, scansions jouettes et jouissives. Comme dit un blog : "Bricolage of pedigreed influences : 70s Punk Wave, 80s College Rock/Jangle, 90s slack Indie Rock Twee". C'est toujours simple, élémentaire, construit et catchy.
Quelle vague de fraîcheur!
Vraiment très bon! Ne devrait pas éternellement rester autoproduit (disponible sur emusic, néanmoins et Itunes)...
MySpace (où il n'y a pas d'extrait de ce deuxième album)
Ne vous fiez pas à ce seul extrait : Things You Go Through car en 25 minutes, ils en font voir de bien d'autres couleurs...
You Tube est truffé de petites vidéos live d'assez bonne qualité :
Grand Merci à mon informateur canadien!!!
You Tube est truffé de petites vidéos live d'assez bonne qualité :
Grand Merci à mon informateur canadien!!!
mardi, août 24, 2010
Screaming Females - Castle Talk - 9/10
Indie "alternatif" sans peur et sans reproche
Voilà bien un style qui commençait à manquer dans les rayons des disquaires virtuels. De l'indie rock sans peur, toutes guitares dehors, gras sans être garage, criard sans être punk. Bref, de l'indie rock US sans reproche, joué par un jeune trio de Brunswich (New Jersey) et hautement revendiqué comme marginal et militant ("alt" pour "alternative"). Ils organisent leurs tournées eux-mêmes et leurs deux premiers CD, m'apprend AMG (je suis depuis allé jeter une oreille : valent le détour), ont été autoproduits alors que celui-ci est édité par le micro-label punk Don Giovanni. Un batteur, un bassiste et une guitariste/chanteuse (Marissa Paternoster, qu'on retrouve aussi dans le groupe Noun, dont je parlerai prochainement).
AMG a partiellement raison de caractériser le son de Screaming Females (le nom, aussi, le nom!) en l'identifiant à un mix de Dinosaur Jr (première époque) et de Sleater-Kinney. Mis à part que la Marissa a un organe vocal à décorner les boeufs et un son de guitare à faire vêler leurs compagnes. Inévitablement, on pense aussi à 50 Foot Wave, Throwing Muses et The Breeders. Ca vous prend comme un uppercut et, à la première écoute, vous n'aspirez qu'à une chose : les rejoindre sur le ring et la scène!
Rock and Roll attitude : un des albums de la rentrée, espérons-le!
My Space
Leur blog
mardi, août 17, 2010
Shangaan Electro: New Wave Dance Music From South Africa - 9,1/10
Amadou et Mariam + Devo en 78 tours
C'est rare tout de même qu'il suffise de quelques mots et deux video pour crier l'évidence d'un album à écouter de toute urgence. On a un fond sonore electro qui fait penser à Devo ou Krafterk en 78 tours. Et dessus, de la pureté de voix sud-africaines. Une musique inventée entre Limpopo et Soweto. Coup de coeur digne de Konono et Staff Benda...
Disponible sur emusic...
(Edit, suite à un commentaire : ceci est une compilation de groupes sud-africains -les Shagaan sont une tribu renommée pour leurs chroales typiquement sud-africaines- s'inscrivant dans ce style où les fonds électroniques peuvent atteindre les 180 BPM).
Regardez bien la seconde video. Pour la danse, c'est Michael Jackson avec la poigne plus longue au pantalon!
Regardez bien la seconde video. Pour la danse, c'est Michael Jackson avec la poigne plus longue au pantalon!
mardi, août 10, 2010
William Brittelle - Television Landscape - 9/10 (premier prix 2010 dans la catégorie "Pièce montée")
Voici bien l'OMNI (Objet Musical Non Identifié) le plus intrigant de l'année. A la base, le William (oui, oui, celui de Brooklyn), compositeur formé et dûment diplômé de la musique classique, camarade de plein de musiciens à cordes, mais visiblement aussi fort amateur de ce que, moi, béotien, j'appelle la musique pop. Donc, le William (même pour les Belges, je ne le mettrai pas à toutes les sauces) décide avec ses petits camarades de composer un AOR-Rock Masterpiece, excusez du peu.
Technique un peu particulière qu'il explique ici ou là, l'homme a un répertoire de ce qui d'après lui est de meilleur dans la musique, de Prince aux Beach Boys, Radiohead, Ravel et Debussy (c'est l'ordre). Et il picore et "reproduit à sa manière". Concept majeur de la salade de fruit : rien n'est interdit. Et, effectivement, ça va dans tous les sens : guitare à bouche, solos de pianos à la supertrampite aigue, hautbois, harmonies vocales alambiquées, dégoulinades de harpe, babas au rhum de cordes, guitares à la Santana, voix Bee Geeeeeesques, grands éloquents moments d'Emerson Lake and Palmite (ah, Debussy), petite montée jazz rock digne de Mac Laughing, chorales sylphides ou obèses, romantisme mortadelle, harpe à désespérer Joanna, j'en passe et des meilleures...
Bref, une énorme pièce montée. Mais, tenez-vous bien, une pièce montée qui a sa cohérence et tient la route. Et, vous l'aurez compris, la cotation ci-dessus -qui s'autodétruira rapidement- n'a pour vocation que de vous faire écouter -même qu'une seule fois- l'objet (Musical Non Identifié).
Gayngs (vous avez dit 'exercice de style'?), à côté de celui-ci, c'est de la roupie de sansonnet...
Sheena Easton (Il faut tout écouter et, surtout, attendre la chorale après le solo de Santana)
Ici, Shena Easton live en vidéo. Le look!
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Son site
vendredi, août 06, 2010
Gate - A Republic of Sadness - 9/10
Tout commence avec un petit tapis electro bien gentil. Certes la voix a déjà quelques accents bizarres et evanescents, mais on se croit simplement parti pour un voyage à consonance ambiante pour six morceaux dont pas un ne fait moins de six minutes. Dès la seconde track, ça se délite pourtant rapidement : le tapis électro se glassifie en un rythme sec et la voix devient faussement apaisée, déformée, un peu comme Dan Bejar dans le EP dévoyé de Destroyer.
La suite ne décevra pas. Les loops et drones électroniques et guitaristiques construisent un substrat noir, rythmé et dansant, comme une Cold Wave qui forniquerait avec Can et parfois Suicide. Par dessus, se greffe un voix malade et vomitive. Desert ressemble singulièrement au thème principal de Shaft qui serait passé dans une essoreuse batteuse et aurait été agrémenté de la voix serpentine et nauséeuse de David Thomas (Père Ubu). Wilderness s'affiche initialement comme un thème kraftewerkien basique (époque Autobahn) qu'une voix à la Gavin Friday-Guggi (Virgin Prunes) va déconstruire et entraîner dans l'atterrissage post-industriel apocalyptique du morceau suivant, Freak, le bien nommé.
Bref, Gate -qui est en fait un des groupes du néozélandais Michael Morley (Dead C)- n'a rien de consensuel. Néanmoins, tout expérimental qu'il soit, il est accessible. On aime ou on déteste. Mais ça échappe à l'ambiance tiédasse de l'époque...
Norman Records
Stereogum (avec une très, très bonne description et un morceau à downloader ou écouter : All, qu'il faut laisser se déployer sur la longueur)
(Pas trouvé de MySpace)
(Marrant, chaque fois qu'il se passe trois semaines sans album auquel fourguer un 9/10, je me dis que ça y est, c'est fini, va falloir trouver autre chose, collectionner les timbres ou les bagues de cigares, acheter un aquarium exotique et me passionner pour les scalènes, faire du sport et aller aux jeux olympiques, apprendre les langues, tricoter, faire du macramé et de la poterie, aller au bistrot plus souvent, devenir supporter du Standard de Liège. Suffit que j'y pense pour qu'arrivent d'affilée deux albums qui valent 9/10).
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