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dimanche, février 12, 2012

Lucas Santtana - Sem Nostalgia - 8,5/10


Il n'est jamais trop tard pour écouter et essayer de répercuter l'envie d'aller écouter un album. Ce Sem Nostalgia en vaut cette peine. Arrivé ici tardivement (sortie initiale en 2009), il est le quatrième ouvrage de Lucas Santtana, artiste du terroir qui revisite la musique brésilienne, baignant le duo traditionnel voix-guitare d'électronique, de samples et de field recordings. La fusion réussit, même si je regrette parfois un peu qu'elle s'apparente à de la juxtaposition et qu'elle n'aille pas encore plus loin. Ceci dit, cela suffit à se plonger dans ces éléments nostalgiques et à se laisser porter par les rythmes nonchalants...

Pour tout savoir, la lecture du Dr Funkatus suffit.



samedi, août 27, 2011

Dennis Coffey - Dennis Coffey - 8/10



Le retour d'une légende

Parmi les premiers blancs à avoir intégré une place dans la musique noire de Detroit, Dennis Coffey est un guitariste de légende. Du moins aux States...

Quatre mois après la sortie de cet album éponyme (choix bizarre pour un artiste qui compte une quinzaine d'albums à con compteur : voir AMG), il compte déjà dix références sur Metacritic (où vous trouverez tous les liens pour une moyenne de 72/100) alors que les plumes francophones semblent restées dans l'encrier et les touches d'ordinateur immobiles (avec des exceptions comme MuzicZine).

L'homme est pourtant une légende pour avoir été un des pas (si pas "le") musicien de peau blanche à se faire remarquer au sein de la musique funk de Detroit, en tant que membre des Funk Brothers, backing group des plus grands de la Motown. Aujourd'hui, après vingt ans d'absence, le septagenaire nous revient avec flamboyance. Il excelle toujours dans la forme d'accompagnement du funk psychédélique (on croirait pas moment Santana), tout en privilégiant la belle diversité que lui permet son bagage musical : virtuose il se met en partie au service d'invités divers et ne prend donc pas seul le devant de la scène. Grand bonheur quand on touche aussi bien à des ambiances à la Shaft ou "rue de San Francisco" qu'à des morceaux moins typés où les cuivres, la basse ronflante ou les orgues Farfisa prennent le devant.

Les invités sont des pointures contemporaines qui, elles aussi, servent merveilleusement les morceaux où elles participent : Lisa Kakaula des Bellrays toujours égale à elle même dans son rôle de hurleuse; Mick Collins, le guitariste des Dirtbombs qui déchire littéralement le track où il participe; répondent aussi à l'appel Orgone, les Kings Go Forth ou Mayer Hawtorne et Paolo Nutini...

Ce serait bête de passer à côté de telle avalanche de talent, tellement typée également qu'une seule écoute peut être un plaisir suffisant. Ne pas croire pourtant qu'on est dans une resucée du succès du label Dap-Kings. On est ici dans un volet plus lêché et produit du funk. Mais rassurons les plus "harsh" d'entre nous, ce n'est pas non plus de l'eau de rose!

En savoir plus : Son site, MySpace
On peut downloader gratuitement trois albums de sessions sur Bandcamp.












mardi, avril 13, 2010

Charanjit Singh - Synthesizing - Ten Ragas To A Disco Beat - 8/10

1982. Charanjit Singh, un compositeur inconnu de Bollywood décide d'adapter 10 Ragas traditionnels indiens à la sauce disco. Avec des machines myhiques, séquenceurs et synthétiseurs (pour les volets techniques, je vous invite à visiter Boomkat et The Guardian), il crée une musique tout à fait originale, sorte de chaînon manquant entre le Kraftwerk original et Aphex Twin. Le double album, vraiment pas disco, reste inconnu et se vend à 200 exemplaires. Jusqu'à ce qu'il ressorte aujourd'hui, déniché par le label Bombay Connection (où l'album est en vente), spécialisé dans les exhumations de raretés du style.

On pourrait se contenter de l'histoire telle que présentée, en appuyant sur le fait étonnant qu'un indien isolé a inventé l'Acid House, alors qu'Aphex Twin, âgé de dix ans, usait encore ses pantalons sur les bancs de l'école et ne savait pas qu'en 1992, il ferait son premier disque. On pourrait se contenter de la belle histoire. Car, non, en plus, Ten Ragas est un album incroyablement contemporain, chaud, fascinant et plaisant. Boomkat dit AN ABSOLUTE FIND. Je dis chaudement recommandé!

mercredi, mars 31, 2010

Black Tambourine - Black Tambourine - 8,2/10

Sorti hier chez Slumberland Records, downloadé sur base d'une recommandation pas lue jusqu'au bout, écouté tout aussitôt de façon addictive et en boucle. Avec la certitude que cet opus est dans l'air du temps et pourrait faire un malheur. Tout aussi captivant que The Pains of Being Pure et Heart mais bien moins mollasson et convenu, tout aussi rock que Vivian Girls, mais bien moins faussement garage que leur deuxième opus. Bref, exactement une fusion, un juste équilibre, bien calibré à mon goût.

Mais voilà, après quelques recherches pour documenter cette chronique, ce groupe n'est pas synthèse, mais précurseur. Ceci est une réédition d'EP sortis au début des années 90 à New-York (AMG), agrémentée de quatre nouveaux titres. Ben oui, Slumberland, le label des Riot Grrrls. A la croisée du chemin de la naissance du shoegaze. Bref, encore un groupe culte, dont je ne savais qu'il existait. Mais, honnêtement, ça enfonce les groupes cités ci-dessus et autres Dum-Dum Girls.
Chaudement recommandé!

Si j'avais une chronique "Best reissues" comme Pitch, j'aurais mis 9/10

My Space

jeudi, janvier 28, 2010

Daniel, Fred and Julie - Daniel, Fred and Julie - 8/10

Ben, oui, c'est la Doiron

Comme toujours, au moment de faire la chronique sur un album, je fais ma petite recherche Google, histoire de fournir quelques liens au gentil lecteur. Quasi rien sur cet album-ci et en tout cas rien en français. Par contre, pour son dernier album, je trouve des références à une des trois interprètes chez Play List et Arbobo. Et Arbobo qui nous parle d' "un des trésors les mieux cachés du Canada".

C'est exactement ce que je me disais en lançant ma recherche. Voilà une artiste qui a une petite notoriété mais qui, néanmoins, continue à sortir des albums sans nous prévenir. Oui, Julie Doiron -vous l'aviez reconnue!- n'a qu'une petite notoriété car, finalement, ce qui la caractérise le plus, c'est de multiplier les expériences (Herman Dune n'était qu'un exemple), sans nécessairement se mettre à l'avant plan. Pas bon, ça : discrète et changeant de tiroir régulièrement!!!

Cet album-ci en est une nouvelle preuve. Sorti sur le microlabel You'Ve Changed Records, il associe la Doiron à Daniel Romano (d'Attack in Black) et Fred Squire (Calm Down It's Monday, je connais pas). Les trois sont dans un garage et tout le matériel se limite à trois guitares et un microphone. Au point d'ailleurs que l'album est en mono.

Répertoire constitué essentiellement de traditionnels folk (ce qui doit ajouter une dimension pour un anglophone), tout est réuni pour ennuyer. Et non : les harmonies vocales sont splendides et le picking judicieux, ce qui n'explique certainement pas le charme et la séduction. On est loin du folk noisy de l'album précédent de Julie Doiron, qui continue son chemin. Elle tourne actuellement avec les Bowerbirds...

Et oubliera peut-être encore de nous prévenir quand elle sort un album!

My Space? Tu rêves ou quoi? Pour quoi faire?
Remarquable et synthétique review de Pop Matters
HeroHill analyse morceau par morceau

lundi, janvier 25, 2010

The Mercury Program - Chez Viking - 8,1/10

Vibre aphone

On ne peut vraiment pas dire que The Mercury Program soit un groupe de débutants puisqu'il a déjà sorti quatre albums, dont trois très bien côtés (pour référence AMG). Depuis 2003, on n'avait plus de nouvelles du groupe, pour des raisons qui me sont inconnues. Le voilà qui réapparait sur un tout petit label, Lovitt Records (le lien vous permet de lire l'histoire du groupe). Et, donc, de façon très discrète...

Revoilà donc The Mercury Program avec un mix qui lui est vraiment très particulier, en ce sens qu'il marie post-rock et... jazz. Ceci s'explique notamment par la présence d'un vibraphone qui charpente ce feeling jazzy. Derrière, la rythmique est puissante, basse et batterie occupant un espace considérable au côté de la guitare. Bref, on a là un genre de Mogwai soft et un peu chill, malgré les peaux qui claquent.

Vaut un détour.
Quelle belle pochette à l'image de la musique : on sent et attend la vague...

MySpace (seulement un morceau de cet album : Arrived / Departed

jeudi, janvier 14, 2010

Tubelord - Our First American Friends - 8,2/10

Math-pop

Je n'ai trouvé qu'une seule brève allusion francophone à la sortie de cet album. Et l'auteur de Keep on My Side dit qu'il a lu quelque part qu'on qualifiait cet album de math-pop. Je n'ai pas retrouvé la chronique originale, mais c'est tout-à-fait ça. Ces jeunes anglais de Kingston ont un sens de la mélodie extraordinaire et l'usent à constituer des morceaux virevolants dans la plus pure tradition du math rock. Mais c'est facile, juvénile, catchy et direct.

L'effet est assez semblable a celui ressenti récemment à l'écoute de Six Star Hotel. Ca nous change des vieilles badernes!

mercredi, janvier 13, 2010

Tue-Loup - Le goût du bonbon - 8,7/10

Ca y est, c'est 2010. 2009 enterré? Euh, non! Encore, écouter de dernières perles cachées. Vider la réserve constituée avec les listes 'best of'. Donner une petite opinion et renvoyer à ceux qui, eux, étaient là en temps utile, sous forme de petit hommage à la blogosphère.

Acquis sur insistance du Golb. Insistance toute sympathique et d'ailleurs guère active puisqu'il me suffit de voir un album dans un Top pour craquer. Et comme le Golb a un genre de "best of" annuel évolutif, régulièrement republié, j'ai plongé à force de voir ce Tue-Loup inconnu pour moi.

Etant entendu que de toute façon je laisse à d'autres les chroniques inspirées (Culturofil) d'un groupe qui a une histoire et des oeuvres passées que je connais mal, je dirais simplement que ce qui m'impressionne, c'est la capacité de ce groupe à fusionner un phrasé francophone à une musique aussi profondément américaine, appartenant -à mes oreilles- à la famille du folk psyché-expérimental de très haut vol (dont le représentant le plus doué, Califone, a de nouveau sorti cette année un bijou resté caché, All My Friends are Funeral Singers).

Ben voilà, merci Le Golb. Cela doit être ma meilleure note francophone de l'année, mis à part Carl, dont on dira qu'il ne compte pas puisqu'il est Belge et que j'ai un petit peu exagéré mon appréciation par pur chauvinisme...

Si vous étiez aussi dans ceux "qui étaient sur le coup en temps utile" (ou pas, d'ailleurs, qu'importe!), n'hésitez pas à filer le lien dans les commentaires, je l'intégrerai...

lundi, janvier 11, 2010

Dent May - The Good Feeling Music of Dent May and His Magnificent Ukulele - 8,2/10

Ca y est, c'est 2010. 2009 enterré? Euh, non! Encore, écouter de dernières perles cachées. Vider la réserve constituée avec les listes 'best of'. Donner une petite opinion et renvoyer à ceux qui, eux, étaient là en temps utile, sous forme de petit hommage à la blogosphère.

J'étais complètement passé à côté de ceci, sorti en début d'année mais que je viens de découvrir dans la liste Best Of 2009 de La Musique à Papa. Ce brave homme fait de la musique de Crooner mais en s'accompagnant au Ukulele (mais pas seulement, c'est un peu plus riche que ça, comme musique).

Ca fond dans l'oreille sans qu'il y ait la moindre volonté parodique. Difficile de ne pas faire référence aux premiers albums de Jonathan Richman. Sauf qu'ici, c'est beaucoup plus policé, moins brinquebalant. Ce qui, assez paradoxalement, fait que Dent May est tout de même un poil moins attachant que ne l'était le Jonathan! Mais, si vous avez raté, oui, c'est très recommandé!

Panda Panda aimait beaucoup aussi.

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vendredi, janvier 08, 2010

Bruce Peninsula - A Mountain Is A Mouth - 8,1/10

Très chouette groupe de Toronto! Ils sont neuf ou dix et ont trouvé le gimmick : une gospel choir (chorale) et un chanteur à voix rude, rauque et mélodique (quelque part entre Tom Waits et Nick Cave). Le mix est original et improbable, ce qui nous manque tant par les temps qui courent...

Polyphonic Spree, mais qui en quelque sorte ferait un peu plus que gueuler en choeur, parce que la ligne directrice est donnée. On ne peut parler de réussite absolue car, sur la longueur, les Canadiens manquent de diversité (même si par moments la lead voice est féminine). Mais, néanmoins, certainement à découvrir. Ne fut-ce que parce que ce groupe a le cachet qui fait que certains tombent amoureux. Ce serait mérité par ces temps où l'originalité fait défaut!

Très bonne description sur un blog américain

mardi, janvier 05, 2010

Fitzcarraldo Sessions - We Hear Voices - 8/10

Ca y est, c'est 2010. 2009 enterré? Euh, non! Encore, écouter de dernières perles cachées. Vider la réserve constituée avec les listes 'best of'. Donner une petite opinion et renvoyer à ceux qui, eux, étaient là en temps utile, sous forme de petit hommage à la blogosphère.

Là, faut bien dire que j'avais une grande confiance, car le conseilleur fut Laurent, un commentateur très actif et éclairé du blog belge Esprits Critiques. Et que depuis, Marc, principal animateur de ce blog a repris les louanges à son compte et inséré l'album dans son top 2009.

Je n'ai pas grand chose à ajouter. Et de néanmoins surenchérir qu'il est impressionnant que l'album d'un groupe français ayant perdu son chanteur (Jack The Ripper) et ayant mobilisé onze voix différentes pour autant de morceaux, soit aussi cohérent. Dominique A, Syd Matters, Stuart Stapples (Tindersticks), Moriarty, Abel Hernandez (que ceux qui n'ont jamais écouté Migala et El Hijo se rattrapent), Joey Bruns (Calexico) et tutti quanti, la brochette tient la route!
;-)


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lundi, janvier 04, 2010

Luciano - Tribute to the Sun - 8,2/10

L'intelligence faite techno

Il en va de la techno comme il en va des autres styles musicaux. Quand vous n'y connaissez guère mais revendiquez néanmoins la curiosité bien placée, c'est aux frontières, chez ceux dont la pratique est probablement moins pure car imprégnée de fusion, que vous trouvez à vous satisfaire.

Or, la fusion -est-ce une prédestination qu'il soit helveto-chilien?- chez Luciano est double. Son premier volet est world, en ce sens que ce maître recourt à divers métissages des plus opportuns avec les musiques du monde. Son, second est l'intelligence. Là où dans ce style musical, je perçois souvent (par manque de connaissance) lourdeur et redondance extrêmes, chez Luciano, et malgré que les dix titres nécessitent un total de 80 minutes d'écoute, la légèreté et l'intelligence s'imposent. Chaque morceaux a ses multiples gimmicks qui créent l'empathie sur la durée. Du grand art, même si, à n'en pas douter, certains trouveront cela trop long et ne se laisseront pas ensorceler.

Petit reproche car qui aime bien châtie bien. Le premier morceau Los Ninos De Fuera (en écoute ci-dessous), mariant une ritournelle enfantine à une base rebondissante et ronflante est tellement fort et immédiat que la suite de l'écoute amène à la déception. Il faut la surmonter et écouter à plusieurs reprises cette oeuvre qui se mérite.


mercredi, décembre 30, 2009

Brazos - Phosphorescent Blues - 8,7/10

Viendra, viendra pas?

Encore un autoproduit américain dont on pense que, s'il était remarqué par un label indie qui lui donnerait un peu de soutien (voire directement par Pitchfork ou PrefixMag), il finirait bien par arriver ici et à y décrocher le pompon!

Musique indie très américaine dans l'air du temps. Sobre, poétique et brillante. On pense aux classiques références que deviennent Fleet Foxes, Grizzly Bear, Wye Oak et Vampire Weekend. Mais on ajoute aussitôt les anciens Ben Fold Five et Blitzen Trapper!

Ce ne serait que cela qu'il serait avec des flopées de groupes sur la même ligne de départ. Dans ce cas, il y a quelque chose de profondément groovy et sexy dans les compositions, leur approche instrumentale et vocale (quelle belle voix!). C'est discret, comme une poésie qui ne se contente pas de titiller l'âme, mais touche aussi les fesses et les pointes des pieds.

Reste à voir si ce gars d'Austin - Texas passera le cap. Auquel cas, bien entendu, il échappera à tous les "best of" de l'année, car sorti en novembre 2009, mauvaise pioche pour un autoproduit...

Pour écouter l'album en très bonne qualité : Bandcamp
L'excellent blog Aquarium Drunkard


lundi, décembre 28, 2009

David Tattersall - Happy For A While - 8,1/10

Hommage à l'album inconnu

Il y a des artistes ainsi, dont la production a quelque chose d'assez inoui.

Je fais référence à tous les amis de Stanley Brinks (ex-Herman Dune), de Coming Soon à The Wave Pictures (dont David est le leader) et quelques autres anti-folks. Ils n'arrêtent pas de produire des albums, parfois sous des noms assez variables, diffusés au petit bonheur la chance et assez difficilement identifiables.

Ainsi de ce petit bijou qu'est Happy For A While. Tout à fait typé et délicieux qui commence par ce petit rag aigu un demi ton à côté qui fait la marque du Herman Dune des début et qui se poursuit dans la meilleure veine de morceaux un peu brinquebalants mais oh combien attachants. Un bijou dans son style, disais-je...

Petit problème, néanmoins quand on en vient à vouloir le critiquer alors qu'on l'a reçu d'un ami par des voies disons un peu détournées : impossible de vous dire où l'acheter, impossible même d'y trouver la moindre référence sur Internet!!! Exactement comme si cet album n'existait pas...

Bref, un peu comme si cette chronique n'existait pas. Quoique si vous voulez essayer, faites signe...

Charline m'a remis sur les bonnes voies : il est disponible sur leur site http://www.thewavepictures.com/webpages/buy.htm

samedi, décembre 26, 2009

The King Khan and BBQ Show - Invisible Girl - 8,3/10

Oh, la belle pochette!

Qu'est-ce qui fait que le Montréalais King Khan (qui joue aussi avec le groupe The Shrines) n'est pas connu par ici alors que son camarade de boeuf Jay Reatard l'est? On serait bien en mal de répondre car cet album est en tout point adorable, semences de rock dispersées au vent, petits morceaux étiquetés au label du pop garage, kitsch sympa et sympathique...

Bon, certains diront qu'on va là chercher des inconnus pour les monter en épingle. Bin, non, inconnu, King Khann ne l'est qu'ici. Et il suffit d'une référence pour en attester : Metacritic recense neuf reviews anglo-saxonnes pour une moyenne de 77/100. Ce serait tout de même étonnant qu'ensemble, The Onion, Pitchfork, Dusted Magazine et NME s'y fourvoient...

Alors, pas trop tard pour réparer un oubli 2009...

Sur le site du groupe, toutes les reviews.

vendredi, décembre 18, 2009

Charlotte Hatherley - New Worlds - 8/10

Rendez justice!

Honnêtement, en écoutant ceci, mon premier réflexe a été de courir pour retrouver la chronique de Florence and The Machine afin de la dégrader et la rétrograder aussitôt. Pas passé à l'acte parce que ce qui est fait est fait et qu'on ne revient pas dessus. Pas passé à l'acte aussi parce qu'après tout, je ne retire pas un mot de ce que j'avais dit. En gros : bien agréable, bonne chanteuse, mais dispensable.

Charlotte Hatherley, ex-guitariste du power-pop groupe Ash (mais elle a joué aussi pendant un an avec Bat For Lashes), en est à son troisième album solo. Elle joue dans le même tiroir que Florence, ce que j'appellerais un rock adulte varié et relativement musclé (étant entendu que tout ce qui est adulte n'est pas gnangnan). Référence toujours valable à mes yeux : The Pretenders (très vitaminés dans ce cas-ci). Donc, ce n'est pas ma tasse de thé.

Pourtant, sans hésiter, il faut le crier : Charlotte supplante la pauvre Florence et la domine de la tête et des épaules. Et de s'interroger. Pourquoi Charlotte est-elle quasiment passée inaperçue, là où l'autre s'est taillé une réputation non négligeable. Hypothèse : la Florence elle est chez Island (où certes elle cohabite avec de bons artistes mais aussi... Amy Winehouse, une que son label a su faire mousser), là où la Charlotte enregistre sur son label Sister Records, distribué aux Etats-Unis par Minty Fresh (c'est son premier album distribué là-bas; compagnons d'écurie : Fugu, Komeda, Taihiti 80, Sarah Shannon) et ici par (je ne sais même pas qui)!

Vengez cet affront et cette injustice!


My Space (n'écoutez pas qu'Alexander, qui reflète assez mal la vigueur de l'album)
Pitchfork a attiré mon attention :
An album that can draw comparisons to XTC, the Breeders, Wire, the Pretenders, and other top-shelf rock bands, but ultimately sounds like nothing else but the work of its creator.

mercredi, décembre 16, 2009

Eating Pebble - The Knife Show - 8,3/10

Juvénile

Je sais que cet album n'aurait aucune chance et aucune pitié à attendre d'une blogosphère pédante, bobo et parisienne (je répète tout ce que j'ai appris en quelques jours!). Je sais d'ailleurs que je me suis fait reprendre comme une bouse quand j'ai encensé le EP de ces jeunes suédois.

Et bien, je n'ajouterai, ni ne retrancherai rien. Avec l'album, je persiste! Quitte, s'il le faut, à être un nouveau Galilée musical banni par la papauté indie bien pensante! Quitte à compter parmi les Dreyfus des bataillons du rock badaboum! Quitte à être relégué au rang de Christophe Colomb du chemin le plus court vers l'Inde et ses épices garage!

Na! On n'est pas là pour s'enmerder...

Tout ça, c'est pour rire, hein!

samedi, décembre 12, 2009

Fairguson - Tales from the 47 Willows - 5,8/10 // Francois And The Atlas Mountains - Plaine inondable - 8,1/10


La fin d'année approche. Vite, repérer les oubliés. Vite, réparer quelques trous dans la couverture musicale (mythe de sisyphe). Vite, trouver de dernières perles cachées. Vite, voir si les listes des autres ne sont pas des huîtres. Donner une petite opinion et renvoyer à ceux qui, eux, étaient là en temps utile, sous forme de petit hommage à la blogosphère.

Pour chroniquer des albums français, il y a tout avantage à ne pas l'être (Français). Ca permet de rester froid et objectif (je dis ça, mais tout le monde sait que ce n'est pas vrai - un belge francophone, ça garde toujours tout de même un peu d'affection pour l'outre-Quiévrain).

Donc, faisons comme si ces disques venaient des Etats-Unis.

Fairguson, c'est sympa. Un album d'indie à l'américaine comme on en entend par dizaines chaque année. Si vous l'écoutez, tant mieux, c'est agréable. Mais, allez, si vous le ratez, c'est pas grave. D'une certaine manière, je crois que l'homme de Rennes (au début, j'avais compris l'homme des rennes et je croyais que c'était le Père Noël) est un peu cruel sur la question en percevant l'album comme une décalcomanie de Midlake (lire ici), qui était tout de même fort déjà un ersatz de Grandaddy. Ceci dit, La Quenelle Culturelle, elle, apprécie beaucoup plus et, si vous suivez son conseil, vous ferez le détour. Comme quoi la subjectivité...

Et puis, à l'opposé de Fairguson, tant qu'on parle de subjectivité, à mes yeux, vous avez le François. Un cachet, une identité, une fragilité personnifiée, une pop attachante.
Le choix de glisser quelques morceaux en français. Peut-être un peu plus de maturité aussi.
Panda Panda, il a bien aimé ça...

Ah oui, je prends les devants pour ceux qui pourraient avoir la tentation de se moquer. Je passe aux aveux : j'ai chroniqué deux albums belges, cette année. Un, Où poser des yeux? de Carl, est ma plus grosse note de l'année (9,9/10) et l'autre, Enter The Characters de Customs est largement surévalué (8,4/10). Ah, les produits du terroir!

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jeudi, décembre 03, 2009

Matt The Electrician - Animal Boy - 8,6/10


Vous êtes pas au courant?

Et voilà, il aura fallu attendre début décembre pour choisir mon meilleur album d'un singer songwriter américain. En plus, il est assez improbable, puisque Matt l'électricien en est à son... sixième opus. Autant dire que, tous étant autoproduits et publiés sur CD Baby, le garçon d'Austin n'a pas atteint la haute notoriété.

Pourtant, il semble un poil connu dans sa région -voire plus!- comme un genre de troubadour symbolique écumant les bars et les fêtes locales. Et il aurait même déjà tourné au Japon (gare à celui qui, dans les commentaires, écrirait : "Mais si, tout le monde connaît Matt, voyons!").

Sa présentation sur son site est déjà tout un poème. L'histoire du gars électricien qui faisait de la musique après journée et qui, faute de temps, ne se changeait pas pour aller donner ses concerts et que donc c'est devenu son nom d'artiste. Puis, il a pris la route, écrit, chante, s'autoproduit. Plus pure tradition 'hobo' validée par la photo.

Et, donc, ceci est du petit budget. Pas antifolk parce que l'antifolk est intellectuellement naïf. Non naturellement naïf. Il y a du Bruce Springteen supportable et très acoustique, de l'Ellitto Smith, du Damien Jurado et du Paul Simon dans sa musique. Dépouillée mais pas foutraque car produite avec une rare justesse : ukulele, passages à deux voix, banjo, sifflet, trompette, piano, harmonica, percussion minimale, guitare pincée et rythmique. Il y a rarement plus de deux choses en même temps, mais c'est toujours fort bien posé et pensé...

Les compositions sont tout-à-fait remarquables. Dès la première écoute, Bridge to Nowhere, Divided By ou What's so funny sautent aux oreilles. Et, rapidement, c'est tout l'album qui devient addictif. En plus, mais je peux pas bien en juger, il parait que toutes ses petites histoires sont très rigolotes et tendres (comme celle du camionneur qui fait pipi dans la bouteille de Gatorade)...

Honnêtement, si ses albums précédents sont du même tonneau (ce que je vais essayer de vérifier), c'est un mystère de comprendre comment ce garçon reste confidentiel. Mais peut-être est-ce mieux ainsi? Conseillé pour les fêtes de fin d'année.

Il y a 27 secondes avant la musique :
My Space (avec vraiment beaucoup à écouter)

lundi, novembre 30, 2009

Emilie Lund - Emile Lund EP - 8/10 (et gratuit)

La fin d'année approche. Vite, repérer les oubliés. Vite, réparer quelques trous dans la couverture musicale (mythe de sisyphe). Vite, trouver de dernières perles cachées. Vite, voir si les listes des autres ne sont pas des huîtres. Donner une petite opinion et renvoyer à ceux qui, eux, étaient là en temps utile, sous forme de petit hommage à la blogosphère.

Je serais bien en peine de dire où j'ai trouvé il y a quelques mois la première mention de l'existence de ce EP. Cette chronique est donc un hommage au 'recommandeur inconnu'. Vous savez celui qui vous a recommandé de downloader ou acheter une truc dont vous devenez amoureux fou et vous ne savez plus c'est qui.

Petite minute de silence, donc, pour le 'recommandeur inconnu'...

Merci. Ce petit EP suédois de musique et de voix nues comme la beauté est gratuit sur le net label aaahh-records et je partage assez bien cette courte analyse de Hop-Blog : Ce EP est une véritable petite merveille de folk mélancolique porté par la voix superbe de cette charmante suédoise, accompagnée principalement d’une guitare et d’un piano.

(Dans le lecteur, Emilie Lund précède Emily Jane White. Ca se tient!)


Si vous étiez aussi dans ceux "qui étaient sur le coup en temps utile" (ou pas, d'ailleurs, qu'importe!), n'hésitez pas à filer le lien dans les commentaires, je l'intégrerai...